Les différentes matières (fils) utilisées pour créer des tapis à travers l’histoire

Les tapis sont la plupart du temps réalisés avec les mêmes fibres textiles qui sont utilisées pour les vêtements : naturels, synthétiques, etc… Les matières utilisées varient beaucoup selon la provenance des tapis. La découverte de nouvelles fibres a fortement contribué à influer les tissages de tapisseries au fil des siècles.

Les matières naturelles composant le tapis

Les meilleurs tapis du monde proviennent généralement d’Iran à la Chine, du Caucase au Pakistan en passant par l’Inde ou les Amériques. Même si les techniques de nouage et les motifs diffèrent d’un pays à l’autre, il y a des bases qui restent identiques.

Que ce soit un tapis manufacturé, un tapis noué à la main ou un tapis industriel, on doit obligatoirement trouver une base appelée « chaîne », le velours, la trame et le fil de renfort :

  • La chaîne est constituée d’un seul fil continu très résistant souvent en coton ou en soie
  • La trame doit être un fil de coton très fin et résistant
  • Le velours est constitué de poils ou de brins libres, obtenus à partir des nœuds réalisés avec des fils de laine ou de soie sur chaque paire de fils de chaîne
  • Le fil de renfort est un fil de coton épais inséré après chaque rangée pour renforcer le tapis.

Les origines des fils pour créer les tapis

Dans la préhistoire et l’antiquité, le textile était inconnu. Les températures extrêmement glaciales et les terres arides empêchaient en effet toute culture et élevage. De ce fait, les premiers tapis étaient donc faits à partir de peaux d’animaux tannés, tout comme les vêtements. A la fonte des glaces, la végétation a pu s’épanouir, offrant ainsi de nouveaux matériaux tels que le coton et le lin. La technique du tissage est également apparue à partir des tentatives de construction d’abri et notamment l’entrecroisement de branchages sur les huttes. La combinaison de technique de tissage et de matériaux faciles à tisser permet l’apparition du textile. Le goût pour le luxe et le paraître semble naturel chez l’homme et apparaît presque instantanément, lui donnant l’envie et la curiosité d’améliorer ses créations.

Très tôt, l’Égypte et l’Asie Mineure se sont mis à créer de plus en plus d’étoffes et de tapisseries pour décorer. Dans ces pays, les couleurs chatoyantes des métaux précieux comme l’or et l’argent ont temporairement écarté les fibres végétales. Malgré tout, cette production restait très limitée, ce qui rendait les étoffes et les tapis en lins, en byssus ou en coton, encore très rares et seulement accessibles aux fortunés et familles nobles. La Mongolie et la Chine (vers 7000 av. J.-C.) étaient également des principaux acteurs de l’industrie textile grâce à des peuples nomades qui étaient à la fois éleveurs de yacks et tisserands. La tonte des animaux, la fabrication de fils avec les poils et le nouage de tapis avec la laine obtenue permettaient à ces tribus de vivre en complète autarcie et dans des conditions rigoureuses.

Les Hébreux ont appris la technique du textile et tissage des Égyptiens. Ce peuple d’éleveurs de chèvres s’est donc mis à tisser la laine de cet animal pour obtenir du lin fin et de qualité. Les tapis obtenus avec cette laine étaient très résistants et surtout considérés comme un héritage familial au même titre que les bijoux, les terres et les troupeaux.

Durant la Rome Antique, les tapis produits ornaient les demeures privées. Ces objets précieux étaient exposés temporairement lors d’évènements spéciaux comme les jeux, les funérailles ou les victoires à la guerre. Ce sont les prémices de tapis murales et de tapis de pieds. Les techniques de nouage à la main se diversifient et la qualité des fibres naturelles dépend essentiellement du lieu de production. La plupart des tapis d’usage présent dans les villes romaines étaient importés des 4 coins du monde. Le tapis était devenu un artisanat racontant des mœurs, des histoires ou encore des croyances grâce à des motifs, des lignes et des ornements symboliques.

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Au Moyen Age, les tapis d’Orient et d’Asie sont devenus des cadeaux exotiques très prisés dans les cours royaux occidentaux. C’est l’âge d’or des tapis persans et les méthodes de nouage ancestrales nées dans les tribus nomades de l’atlas (Iran, Irak, Tunisie, Maroc, etc…) avec leur laine de mérinos. Beaucoup des tapis d’Orient à millions de nœuds au m² ont vu le jour durant cette longue période. Le petit peuple lui, se contente de tapis tissés avec de la paille et du foin ou encore de l’herbe de marais pour orner leurs modestes foyers. Bien que très rustiques, ces tapis restent très fragiles et ne résistent pas bien au temps.

L’époque moderne est marquée par l’apparition des tapis en fibres artificielles et des tapis de luxe. On les retrouve dans les églises, les théâtres, mais également les palaces et les institutions afin de mettre en avant les manufactures nationales. Là aussi, le matériau de prédilection reste encore la laine de mouton, surtout pour le travail des nœuds. La soie est considérée comme précieuse, mais elle est plus rarement utilisée. On l’apprécie surtout parce qu’elle donne un aspect brillant très spécial au tapis.

Les différents types de laine pour tapis

La laine est plus solide que la soie. Elle est donc idéale pour les tapis noués. Même si la laine de mouton est majoritairement utilisée, elle n’est pas disponible partout. D’autres régions du monde doivent s’adapter en misant sur des laines obtenues à partir des poils d’autres animaux d’élevage. Certaines sont d’ailleurs de meilleures qualités que d’autres.

La laine de mérinos

Il s’agit d’une laine classique, peu coûteuse et très commune. Le mérinos est une race de mouton que l’on peut retrouver un peu partout dans le monde. Elle s’adapte très bien sous différentes latitudes, ce qui explique pourquoi elle est privilégiée par les tribus de tisserands. Sa laine souple et résistante à l’usure est idéale pour réaliser différentes sortes de tapis : tapis de sol, tapis mural, etc….

La laine de Nouvelle-Zélande

Il faut savoir que la qualité de la laine peut varier d’une race de moutons à l’autre, mais aussi d’un individu à l’autre. Par contre, la race de moutons élevée en Nouvelle-Zélande descend des mérinos. Elle donne une laine plus claire, mais d’une qualité constante et exceptionnellement remarquable comme sa cousine du continent. Dans ces îles de l’autre bout du monde, cette laine est un matériau qui pourra servir à la fois pour créer des vêtements, des étoffes ou encore des tapis.

La laine angora

Le nom « angora » est aujourd’hui synonyme de qualité. Plus délicate, mais également plus chère que le mérinos, la laine angora est en fait obtenue à partir des poils longs, fins et ultra-doux des lapins. Pour la rendre plus résistante, elle est mélangée à d’autres fibres naturelles. Le coût de cette matière première peut souvent être un frein.

La laine mohair

Il existe une race de chèvre très rare dotée d’un poil plus doux et plus fin appelé « poil mohair » et se rapprochant des caractéristiques de la laine « angora ». Cette laine spéciale est utilisée pour fabriquer des tapis haut de gamme. Étant donné son coût de production assez élevé, il est préférable que le tapis en mohair soit accroché aux murs.

La laine cachemire

Il s’agit d’une autre fibre naturelle obtenue à partir des poils de chèvre très fins. Elle est moins adaptée pour fabriquer un tapis puisque sa texture trop délicate ne lui permet pas de maintenir sa forme exceptionnelle. C’est donc plutôt rare d’utiliser le cachemire pour les tapis, car il est trop coûteux et trop doux.

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La laine d’alpaga

C’est une laine un peu plus rigide que l’on retrouve surtout dans les régions montagneuses d’Amérique du Sud. Les tapis en laine d’alpaga sont donc plus pratiques en tant que tapis de sol dans les pièces de vie. Les motifs géométriques et épurés de ces tapis s’adaptent parfaitement bien à n’importe quel style contemporain.

Les avantages des tapis en fibres naturelles

Les tapis en fibres naturelles ont des caractéristiques très intéressantes auxquels les collectionneurs font très attention.

Le tapis en laine

Le tapis en laine a une excellente tenue dans le temps. Il est plus confortable, plus doux au toucher et plus hygiénique que les autres matières naturelles. Il résiste également mieux aux agressions extérieures et aux passages fréquents. Il craint moins le poids des meubles puisque leur velours souple peut rapidement retrouver sa forme initiale. Grâce à son excellente propriété d’isolation phonique et thermique, ce tapis en laine permet de réchauffer une pièce carrelée et amortir le son des pas.

Le tapis en soie

La soie est une matière douce au toucher, résistante et surtout brillante. Un tapis tissé avec des fils de soie a un rendu plus esthétique et plus décoratif. Il convient parfaitement à l’ornement et sera davantage exposé sur un mur.

Le tapis en coton

Le coton n’est rarement utilisé pour fabriquer un tapis, car il manque un peu de résistance. Par contre, cette matière absorbe parfaitement l’humidité sans se déformer. En plus, le tapis en coton reste parfaitement sec au toucher. C’est la fibre idéale pour un tapis qui sera quotidiennement exposé ou un tapis posé sous une table de salle à manger ou en guise de tapis d’entrée ou sortie de bain.

Le tapis en fibres naturelles

On peut aussi créer des tapis avec du bambou, de la toile de jute, du sisal ou des fibres de coco. Ces tapis en fibres naturelles sont actuellement très tendance. Ils embellissent votre pièce et lui donnent un look plus exotique. Bien qu’ils soient moins durables, ce sont tout de même des achats éco-responsables. Le traitement et la transformation de ces fibres naturelles en fil à tisser exigent moins d’eau que les autres matériaux.

Les avantages des tapis en fibres synthétiques

Les tapis en fibres synthétiques sont recommandés comme tapis d’entrée ou sortie de bain, car ils ne craignent pas l’humidité ni l’eau. Il faut par contre éviter de les exposer aux sources de chaleur, car ils ne sont pas toujours ignifugés et faciles à réparer.

Le tapis en acrylique

Au premier regard, le tapis en acrylique est beaucoup moins joli qu’un tapis en laine ou en soie. Mais son avantage réside principalement dans son prix qui est beaucoup plus abordable. Elle a aussi une bonne résistance à l’écrasement et malgré son aspect proche de la laine, elle récupère moins de saleté et son velours a un aspect moins naturel.

Le tapis en polypropylène

Le tapis en polypropylène est idéal si vous souhaitez un tapis qui ne craint pas les tâches et les liquides. Si vous avez des enfants à la maison, cet achat est particulièrement recommandé, car il est beaucoup plus facile à entretenir et possède donc une durée de vie plus longue.

Le tapis en polyester

Le tapis en polyester est bien plus résistant aux saletés, aux agressions, aux tâches, aux odeurs, etc… Pourtant, il imite à la perfection l’aspect des tapis en laine. Le meilleur atout de ce tapis synthétique se découvre surtout au toucher puisque le velours est très soyeux et très doux.