Histoire des tapis en soie

tapisLes vers à soie (bombyx) ont été amenés de Chine en Anatolie, cachés dans des cannes en roseau par deux moines envoyés en mission en Extrême-Orient par l’empereur Justinien au 5ème siècle après Jésus Christ. Ils ont été élevés à Istanbul, Gemlik et Mudanya, puis plus tard, à Bursa.

La fabrication des tapis de soie est, sans nul doute, la discipline la plus éprouvante de la fabrication de tapis en général.

Non seulement l’élevage des vers à soie, le dégagement de la soie des cocons et son filage, mais également, l’application du dessin modèle sur tapis nécessite un travail extrêmement méticuleux et tout autant difficile. En raison des difficultés dans l’obtention de la soie et les risques que comporte un tissage de tapis de soie non contrôlé, la tapisserie de soie a été un art du Palais. Les Sultans ottomans ont fondé des bâtisses pour faire tisser ces tapis d’une beauté rarissime, dans les ateliers de Hereke. Etant donné qu’il était aussi très difficile de reporter sur ces tapis le modèle choisi, ces dessins aussi complexes et détaillés ne pouvaient être appliqués que par des tisserands de grand talent. Ces artisans, hautement qualifiés, tissaient donc de véritables œuvres d’art destinées aux palais des rois européens ou étaient offerts au Sultan pour de grandes occasions.

Les noueuses de tapis de soie, qui ne sont formées qu’après de longues années d’apprentissage, n’occupent pas plus de quinze pour cent du nombre total de noueuses.

Les tapis de soie furent des œuvres de grande valeur durant des siècles. Grâce à d’innombrables métiers à tisser nous pouvons aussi, de nos jours, pénétrer dans l’univers riche et magique de ces tableaux précieux faits à partir de la soie et des nœuds.

Les tapis de soie de Hereke

En 1841, les Sultans ottomans ont fait transférer un des centres de tapisserie de haute qualité, du point de vue de la main d’œuvre, sur les rives de la mer de Marmara.

Les plus grands maîtres tapissiers venus de Gördes, Demirci et Sivas ont commencé à travailler dans les ateliers de Hereke en vue de fournir, uniquement, la Cour en tapis. Ces mêmes artisans ont appris l’art de la tapisserie aux villages voisins et ont ainsi créés plusieurs centres de tapisserie. Les tapis du Palais et ceux qui devaient être offerts aux hommes d’Etat étrangers ont commencés à être fabriqués dans ces centres. Les tapis de haute qualité, tissés avec de la soie de Bursa sont, de nos jours, parmi les tapis les plus précieux du monde. La qualité de tous ces tapis étaient directement contrôlés par les Sultans. Ils comportent environ 100 nœuds par cm2. Les trames, chaînes et nœuds sont en pure soie et les motifs les plus utilisés sont des roses, des œillets, des tulipes et autres fleurs exquises de la nature, les milles et une fleurs.

Les tapis de soie fins

motif-tapis-soieLes tapis de Hereke sont porteurs de motifs qui sont représentatifs de la continuité de la culture ottomane et ils sont, en grande majorité, inspirés de la nature. On a l’impression que les formes pénètrent le tapis par une bordure pour le quitter par l’autre comme s’ils constituaient un fragment d’infini.

Les fleurs et les bouquets sont les motifs classiques des tapis de Hereke.

– La Fleur des Sept Collines : C’est un motif que l’on attribue à la ville d’Istanbul, installée sur sept collines.

– La Tulipe : Symbole de l’amour et de la paix, la tulipe a également donné son nom à une période dans l’histoire ottomane. Sur les tapis de cette époque qu’on appelle « période de la tulipe », on aurait pu compter 48 motifs de tulipes différentes. On peut voir également de nos jours, des tapis dont la surface entière est couverte de motifs de tulipes.

– L’amande : Ce motif originaire de l’Extrême-Orient symbolise l’amour, l’affection, le jour, la nuit et la dualité homme-femme.

Les motifs des tapis fins de Hereke sont le fruit d’une expérience de plus de 150 ans.

Pour certains tapis de Hereke, comportant 225 voire 324 et même plus, de nœuds par cm2, il est impossible d’en évaluer le prix.

Ces merveilles artisanales produites par des artistes anonymes après de longues années de travail sont parmi les plus demandés de la part des collectionneurs. Chaque pièce étant unique et originale, il est pratiquement impossible de retrouver un même modèle reproduit. Ces tapis fabriqués à Hereke et qui sont une véritable source de fierté pour la Turquie font plus d’un jaloux parmi les artisans du monde entier. Car la soie, en tant que telle, est déjà le symbole de la noblesse et le travail de la tapisserie venant se joindre à la beauté de la matière, ces tapis gardent, à juste titre, la renommée de « tapis les plus précieux du monde ».

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